Pays et villes

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Terme
NOIRMOUTIER

Accompagné d’Alice Regnault, Mirbeau a passé un peu plus de quatre mois dans cette île de Vendée, de la fin juillet au début décembre 1886. Il y a loué une maison au Pélavé et, le 5 août, il exprime son enthousiasme dans une lettre à Paul Hervieu : « Nous sommes à Noirmoutier, dans l'enchantement du pays, du climat, des grenadiers, des eucalyptus, des lauriers roses, des mimosas, toute la flore méridionale. Notre maison est adossée à un très beau bois ; en face de nous, une plaine et la vue de Noirmoutier, de son clocher, de son vieux château qui se dresse au-dessus d'un bouquet de verdure. À gauche, c'est une plaine d'une mélancolie admirable, semée de barges de sel, avec des bras de mer qui s'enfoncent, tout bleus dans les terres, et à l'horizon, le grand large, sombre, terrible. Je n'ai jamais vu un pays où les fruits poussent plus beaux, plus abondants, où les indigènes soient plus doux, plus agréables, plus insouciants, d'une expression de physionomie plus fine : je crois que nous avons découvert le Paradis ; et si vous ne venez pas nous voir, vous serez impardonnable. Jamais il ne gèle, dans le pays, et il y pleut rarement. »

Quelques jours plus tard, dans « Notes de voyage » (Gil Blas, 10 août 1886), il décrit ainsi la vue qu’il a de chez lui : « Ma maison, rustique et sans piano, s’adosse au bois ; une allée quadrangulaire de chênes géants en délimite l’enclos. Le jardin herbu est plein de fleurs, les arbres fruitiers ploient jusqu’à terre leurs branches chargées de la bonne moisson d’automne. Le mimosa, le grenadier, l’eucalyptus et le laurier-rose y poussent aussi forts, aussi parfumés, que sous le ciel du Midi. Entre les ramures des chênes, j’aperçois, devant moi, une plaine que paissent les troupeaux de vaches et les petits ânes vagabonds et gais, une plaine que ferme Noirmoutier, avec le clocher blanc de son église, et les tours de son vieux château. »

Au cours de ce séjour à Noirmoutier, Mirbeau a achevé douloureusement Le Calvaire, qui paraît le 23 novembre 1886 chez Ollendorff. Il a aussi durement bataillé, mais en vain, avec la revancharde Juliette Adam, qui refusait de publier le scandaleux chapitre II dans La Nouvelle revue. Fin novembre, il a reçu la visite de Claude Monet, venu à contre-cœur de Belle-Île, sur les instances de son ami, mais qui a été enchanté par les paysages de l’île.

P. M.

 

            Bibliographie : Octave Mirbeau, Noirmoutier, Séquences, Rezé, 1992 ; Jean-François Nivet, préface de Noirmoutier, loc. cit., pp. 7-22.

 

 

 


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